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Caisse : le compte à rebours a commençé !

mardi 13 janvier 2009

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Une tournant majeur

L’annonce -a minima- de la fermeture de cinq caisses ne doit pas faire illusion. Si la Banque a provisoirement renoncé à une restructuration massive, c’est principalement en l’absence de visibilité sur les intentions des opérateurs privés (transporteurs de fonds, banques…) qui, rappelons-le, ont jusqu’à fin 2009 pour arrêter leur stratégie en matière de recyclage de billets. De fait, le CCE de décembre 2008 a marqué un tournant majeur.

La Banque a en effet clairement annoncé sa philosophie nouvelle de gestion de la monnaie fiduciaire et partant, sa vision de la densité du réseau de caisses, actuellement constitué de 78 implantations.

Elle entend désormais concentrer le recyclage sur un nombre limité de centres traitant un nombre élevé de billets, dans le cadre d’un fonctionnement de type industriel.

Mise en oeuvre dès 2009 avec le lancement d’une première série d’études concernant l’implantation sur 5 sites (Ile de France, Côte d’Azur, Région toulousaine, Bretagne et Nord), cette orientation stratégique sera intensifiée les trois années suivantes.

Cette logique de concentration du traitement des billets s’annonce lourde de conséquences.

Pour les implantations tout d’abord : elle implique la fermeture non seulement de toutes les petites caisses mais aussi, à terme, des caisses de moyenne importance (le seuil de 100.000 paquets/an est souvent évoqué). Sont également menacées les caisses dont les entrées de billets sont inférieures à leur capacité de tri, la Banque ayant décidé, pour des raisons de sécurité, d’arrêter les transferts de billets en direction de celles-ci.

Pour les équipements mis en oeuvre ensuite : la Banque prévoit, à l’image de l’Allemagne, d’installer des machines de tri de forte capacité (100.000 paquets/an, voire plus ).

« Les temps modernes ? »

En l’absence de tout encadrement, cette évolution va s’accompagner de la mise en place d’organisations du travail de type industriel porteuses de risques graves pour la santé comme pour la vie personnelle des agents, transformés en simple appendice de la machine.

D’une part en effet la Banque, soucieuse d’amortir les coûts élevés des nouveaux matériels de tri de haute capacité, sera conduite à allonger leur durée d’utilisation (DUE) et donc à généraliser une organisation du travail en équipes successives et à horaires décalés, qui dégradera d’autant la vie familiale des agents.

D’autre part et surtout, ces nouveaux équipements vont imposer à une population dont l’âge moyen ne cesse de s’élever une intensification des cadences de production aux effets doublement dévastateurs.

Pour la santé au travail des agents : leur organisme va être, plus encore qu’aujourd’hui, mis à rude épreuve, de sorte que les maux physiques (troubles musculosquelettiques : TMS…) et psychologiques (stress important, burn out : épuisement professionnel, démotivation…) dont nombre d’entre eux souffrent déjà, vont s’aggraver.

Pour le moral des agents concernés et pour l’ambiance dans les caisses et ateliers : la dégradation des conditions de travail et les exigences accrues de rendement consécutives à cette logique industrielle seront d’autant plus difficilement supportables que les perspectives de carrière dans la filière ou dans un autre métier sont aujourd’hui très limitées.

Non au désengagement !

Dans le même temps, la Banque entend se désengager partiellement de l’entretien de la monnaie fiduciaire : son objectif à moyen terme est de traiter 50 % seulement du volume de billets à recycler (90% actuellement). Nous contestons ce choix : nous disposons des implantations, des équipements (dont bon nombre ont été récemment modernisés à grand frais) et des compétences humaines nous permettant de continuer à assurer efficacement ce service public.

C’est pourquoi nous restons fermement opposés au recyclage des billets par des tiers -même sous notre contrôle- et déterminés à nous battre pour maintenir un réseau de caisses dense.

Notre priorité : l’humain

Il est donc urgent que la Banque prenne enfin pleinement en compte le désarroi de nos collègues, eu égard au cadre de travail éprouvant et aux mobilités géographiques qui vont leur être imposés. C’est pourquoi le SNABF Solidaires a demandé et obtenu lors du CCE du 11 décembre dernier l’organisation d’une table ronde sur les conditions d’emploi et de reconversion des agents de caisse et d’atelier. Nous y défendrons notamment les revendications suivantes :

- la mise en oeuvre d’une réelle politique de prévention en matière de santé au travail, visant à adapter la machine à l’homme et non l’homme à la machine. Cette priorité absolue donnée à l’ergonomie des postes de travail implique la pleine association des agents sur le terrain ainsi que des CHSCT dans l’établissement du cahier des charges préalable à l’achat des machines,
- une véritable reconnaissance de la pénibilité du travail « d’opérateur de la monnaie fiduciaire ». A ce titre, nous revendiquons la possibilité de retraite anticipée, la réduction et l’aménagement des horaires de travail ainsi qu’une revalorisation des rémunérations,
- la possibilité de suivre des parcours professionnels diversifiés au sein de la filière (tri des billets, participation aux contrôles des opérateurs fiduciaires, aux actions de formation à l’authentification des billets et de promotion de l’utilisation de la monnaie fiduciaire …),
- enfin, un élargissement des conditions d’accès à d’autres catégories, à la faveur de dispositifs de promotion interne offrant de réelles perspectives d’évolution professionnelle tout au long de la carrière.

Nous sommes déterminés à exiger de la Banque qu’elle assume toutes les conséquences humaines et sociales de ses décisions de gestion. Dans cette perspective, nous vous proposons de construire ensemble un cahier revendicatif que nous nous engageons à porter auprès de la Banque.

Vous pouvez également compter sur l’action et la disponibilité de nos élus de terrain, en particulier vos élus CHSCT et Délégués du Personnel.

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